Plongez dans le passé de notre commune et découvrez les moments forts qui ont façonné son identité. De ses origines à nos jours, explorez le patrimoine, les événements marquants et les figures emblématiques qui ont écrit son histoire. Une invitation à mieux comprendre notre territoire et à célébrer ses richesses culturelles et historiques.

Les origines du village de Flêtre

 

En flamand, le village était connu sous le nom de Vleter ou Vleteren. Contrairement à Méteren, qui a conservé sa forme flamande, ce nom a été francisé pour devenir Flêtre.

Les armes de la commune se décrivent ainsi : « D'argent à trois fleurs de lys au pied nourri de gueules. » Ces armoiries sont héritées de la famille de Wignacourt, anciens seigneurs de Flêtre.

Le nom de Flêtre apparaît pour la première fois en 808, sous le règne de Charlemagne, dans un recueil conservé par l’abbaye de Saint-Bertin. À cette époque, il était mentionné en latin sous la forme Fletrinium. Au fil des siècles, le village est aussi désigné sous les noms de Flitrinium, Fleternes (dans une charte de 1085) ou encore Fledredum vers 790-800.

Son origine remonterait toutefois bien plus loin : en 1072, le toponyme aurait été emprunté à la rivière voisine, la Fleterna, un nom celtique signifiant « la Claire », évoquant la limpidité de ses eaux.

Histoire de Flêtre dans la guerre 14-18

L'offensive anglaise d'octobre 1914

(Extrait de travaux réalisés par Daniel Fache -Meteren)

Les troupes britanniques à l’assaut du Mont des Cats

Parmi les régiments anglais engagés en octobre 1914 autour de Méteren et Flêtre se trouvait la Brigade de Cavalerie qui protégeait le flanc ouest de la progression des troupes britanniques d'Hazebrouck vers le Mont-des-Cats qui était l'objectif assigné par l'État-Major.

Nous vous proposons de suivre plus particulièrement le 16e Lanciers de la Reine (16 th Queen's Lancers) à la conquête du Mont-des-Cats. d'autres régiments furent bien sûr affectés à cette attaque, mais ils n'ont apparemment pas laissé de récit aussi détaillé que le 16 th Queen's Lancers.
Voici comment les faits sont présentés dans l'historique du 16 th Lancers, rapporté dans une étude généalogique consacrée à un lieutenant engagé et blessé au Mont-des-Cats (Genealogical Investigation Into Charles J. ARIS).

Le 11 octobre 1914, le 16 th Lancers était aux avant-postes, protégeant la ligne Morbecque-Hazebrouck. de bonne heure le lendemain matin (12 oct.) la Brigade fit mouvement en avant jusqu'à Borre, le 16 th formant la garde avancée.
Peu de temps après avoir quitté Hazebrouck, la Brigade entra en contact avec l’ennemi et le 16 th eut une journée plutôt bien occupée. En atteignant Borre, ses trois escadrons reçurent, vers 16 heures, une mission différente :
• l’escadron A (Capitaine Nave) marcha sur Flêtre.
• l’escadron C protégeant le « Head Quarter »( H.Q.) se dirigea vers Caëstre.
• l’escadron D du capitaine Onslow fut également dirigé vers Caëstre, et de là
il envoya deux patrouilles de reconnaissance :
- L'une vers le Mont-des-Cats (lieutenants Aris et Mac Neill).
La patrouille fut accrochée et semble-t-il immobilisée vers le hameau du Thieushouck. Le lieutenant Mac Neill et trois hommes furent tués, le lieutenant Aris et deux hommes furent blessés.
-L'autre vers Godewaersvelde (lieutenant Davis).

À 18 heures le régiment reçoit l'ordre d'attaquer le monastère.
-L’escadron A qui était à Flêtre prit le flanc droit de l’attaque, en direction du lieu-dit Le Coq de Paille, renforcé par la mitrailleuse du 19 th Hussars.

-L'escadron D, qui était au lieu-dit Le Thieushouck, attaqua en direction du lieu-dit Kruystraete appuyé par la mitrailleuse du régiment (16 th Lancers).

-L’escadron C progressa entre les escadrons A et D.

La Royal Horse Artillery pilonna d’abord les positions allemandes sur les pentes du Mont et le 16 th Lancers attaqua. Mais les Allemands (12e Dragonner Régiment) qui n'étaient pas suffisamment nombreux pour soutenir l'assaut abandonnèrent la position pour prendre la direction de Berthen et de la Belgique.

Lieutenant Charles J. ARIS du 16 th Queen's lancers, blessé au Thieushouck lors d'une embuscade. Il recevra l’une des premières hautes distinctions de la guerre, la fameuse Distinguished Service Order (DSO) :
« For gallantry and determination when on patrol at Katsberg on the 12th of October 1914, in charging and driving off a german patrol, and, although twice wounded, persisting in sending in his report to his squadron leader."

La mort du Prince de Hesse-Cassel

Le 13 octobre 1914, à 3 h, suite à l'assaut du 16 th Lanciers britannique, s'éteignait à l'abbaye du Mont des Cats, le Prince Maximilien de Hesse-Cassel, neveu de l'Empereur Guillaume II.
Gravement blessé au ventre, le 12 octobre 1914, vers 17 heures, au lieu-dit "Le coq de paille" à Flêtre, il fut enterré par les Anglais au cimetière de Caëstre le 16 octobre 14.
Craignant que les Allemands ne viennent récupérer sa dépouille, on l'exhuma et le réenterra ailleurs dans le même cimetière, sans aucun signe distinctif.
C'est en 1926 que le Prince Wolfgang de Hesse-Cassel, son frère, vint reconnaître le corps et procéda au rapatriement.

Le Prince Maximilian Friedrich von Hesse-Cassel

Neveu de l'empereur Guillaume II et arrière-petit-fils de la reine Victoria de Grande-Bretagne.
Né le 20 octobre 1894.
Il prit son dernier repas sans doute le 11 octobre au soir à Flêtre, à la ferme Vanneuville.
Mortellement blessé au lieu-dit « Le Coq de paille » à Flêtre, le 12 octobre 1914, vers 17 h.
Soigné à l'abbaye du Mont-des-Cats par un médecin anglais et le docteur Savage de Godewaersvelde, il mourut le 13 octobre 1914, à trois heures du matin.

Également connue sous le nom de quatrième bataille d'Ypres ou bataille des Flandres (en Allemand: 'Vierte Flandernschlacht'), fait partie de l'ensemble des offensives allemandes dans les Flandres, l'opération Georgette conçue par le général Ludendorff pour reprendre Ypres, au cours de la Première Guerre mondiale.
La bataille de la Lys s'est déroulée du 9 avril 1918 au 29 avril 1918. L'état-major allemand bénéficie du renfort des troupes ramenées de Russie à la suite de la paix signée avec les soviets (Traité de Brest-Litovsk).

L’État-Major allemand reporte ses espoirs sur le secteur des Flandres contre lequel il prépare, depuis novembre 1917, une offensive, baptisée « Georgette » , qui a pour but de menacer les arrières britanniques et de porter l’effort vers Hazebrouck et les Monts de Flandre, en même temps que vers Calais et Dunkerque. Un scénario déjà échafaudé sans succès en 1914.
Le 11, accentuant leur pression, les Allemands s’emparent d’Armentières, Merville, Estaires, Neuf-Berquin, Le Doulieu, Steenwerck et Nieppe. Ils sont aussi sur le point d’atteindre la lisière de la forêt de Nieppe qui couvre Hazebrouck et Cassel.
Le 12, l’offensive reprend notamment dans la région sud de Méteren où les défenseurs de la 31e Division britannique perdent pied, se retirant en désordre, menaçant d’ouvrir la route d’Hazebrouck aux Allemands.
Le 12 avril également, arrivent en gare d’Hazebrouck, les renforts australiens attendus, qui seront rapidement acheminés vers le front tout proche, dans le secteur Strazeele, Merris et Méteren (1ère Division Australienne). C’est encore à cette même date qu’arrivent en Flandres les premiers renforts français : deux divisions d’infanterie (les 28e et 133e) et deux divisions de cavalerie (2e Corps de Cavalerie, Général Robillot).

Le 13 avril dans la matinée, les Allemands prennent Vieux-Berquin défendu par la 29e Div.Britannique, mais le rythme de leur offensive marque le pas. Ils n’ont avancé que d’un km dans la journée, en raison notamment de l’entrée en scène de la 1ere Div. Austral. Qui s'est installée entre la forêt de Nieppe et Hazebrouck, rétablissant ainsi la continuité de la ligne de front de ce secteur, laquelle ligne s'était dangereusement délitée la veille.
Les 110e et 112e brigades d’artillerie britannique s’installent sur les pentes sud du Mont-des-Cats pour contrer les possibles incursions ennemies sur la ligne Bailleul-Méteren.
Mais l'État-Major allemand, qui a Hazebrouck et le Mont-des-Cats en point de mire, s'impatiente et décide d'attaquer en force le lendemain 14 avril.

 

Les seigneurs de Flêtre

 

Il est fait état d’un seigneur de Flêtre, Gilbodon de Flêtre, qui accompagna Robert II de Jérusalem, Comte de Flandre, lors la première croisade de 1096.

Famille VAN HOUTTE

Cette terre était la possession sans doute depuis le XIIIe siècle de la famille Van Houtte (Du Bois).
Johan Van Houtte en fut l'un des premiers seigneurs. Il décède en 1398.
Antoine Van Houtte et son épouse Barbe Van Belle (De Bailleul) en furent les seigneurs les plus connus, et l’on peut admirer dans la tour du clocher de l’église actuelle, leurs gisants (les sarcophages ont été cassés à la révolution).
Début XVIe siècle, la nièce d'Antoine Van Houtte, Barbe de Sars, devint héritière et dame de Flêtre et de Strazeele. Par son mariage avec Jean de Wignacourt en 1532, elle apporta la terre de Flêtre en dot.

Famille DE WIGNACOURT

Cette famille de Wignacourt, comptant plusieurs branches, est mentionnée à l'époque de Saint-Louis où un de Wignacourt accompagna le roi en Terre Sainte avant d'y être égorgé.
La terre de Flêtre fut ensuite érigée en Comté ou Marquisat ?, le 25 septembre 1656 en faveur de Jacques de Wignacourt pour services rendus lors de batailles auprès de Philippe IV d’Espagne.
Balthasar-Pierre Félix de Wignacourt, avant-dernier comte de Flêtre perdit sa femme en 1747. En 1756, il se disposait à prendre pour épouse sa servante Catherine. Son gendre et le reste de la famille eurent recours à la manière forte pour parer un tel coup porté à l'honneur de la famille : la jeune fille fut enlevée et mise dans un couvent et le comte dut prendre les arrêts de rigueur à Ypres. Le fils de ce dernier, Balthasar-Philippe-Emmanuel-Charles, fut le dernier comte de Flêtre. Il dissipa une grande partie de sa fortune. Mais le comte de Lannoy, son beau-frère le fit interdire par la Cour de Cassel et placer sous tutelle en 1786.
À la révolution le comte quitta son château pour se réfugier chez une de ses locataires et y mourut en 1810 avec une fortune d’environ trois mille francs.

Le château de Wignacourt

Le château de Wignacourt doit son nom à la famille qui l'habita pendant les derniers siècles de l'ancien régime.

Entre 1364 et 1380, Johan Van Houtte, seigneur de Flêtre, fit construire un nouveau château. Comme la paix était loin de régner dans nos régions, il fallait qu'il soit suffisamment fortifié pour s'opposer à tout coup de main de quelque bande armée.
Il donnera entière satisfaction (la gravure ci-jointe, que nous trouvons dans la Flandria Illustrata, de Sandérus, nous donne une vue du château de Flêtre tel qu'il était dans la première moitié du XVIIe siècle).
Auparavant, on avait des balcons en bois qui servaient de support aux soldats pour jeter toutes sortes de projectiles sur les assiégeants.
Devant le perfectionnement des engins de guerre, ils disparaîtront car ils étaient la proie facile des flammes.
Des mâchicoulis les remplacèrent. La tour avait donc le rôle de donjon. Elle avait la particularité de se trouver à l'écart du bâtiment principal et était reliée à celui-ci par un pont. Assez souvent, le donjon faisait corps avec le château où il se dressait au milieu de la cour intérieure.

La demeure des seigneurs de Flêtre traversa plus de quatre siècles sans rien perdre de son cachet originel. La révolution lui sera fatale.
Pendant cette période, on démolissait une église ou un château pour en utiliser les matériaux. On procédait à cette tâche au fur et à mesure des besoins.
Quant à la tour, du fait de ses quatorze pieds d'épaisseur de murs et de son ciment tellement dur, on renonça à la démolir. Avec le temps, quelques modifications ont été entreprises, notamment le percement de grandes fenêtres vers le XVIIIe siècle.

Au début du XIXe siècle, un industriel a racheté la propriété, construit une demeure à l'emplacement du château détruit, et convertit le donjon en salle de réception, décoré de lambris de style Louis XV.
Elle comporte deux étages : une salle magnifiquement lambrissée que l'on pourrait appeler le rez-de-chaussée et qui, jadis, ornait de ses murs les portraits de la famille des Wignacourt. De cette dernière, on descend par un escalier en spirale dans le sous-sol qui plongeait presque entièrement dans l'eau. C'est probablement ici qu'en temps de guerre, on entassait vivres et munitions. D'ordinaire, c'était la geôle seigneuriale.
Fixés à la voûte en brique, on voit encore les gros anneaux en fer destinés à retenir la chaîne à laquelle étaient attachés les prisonniers.
Après la disparition du château, la tour restera longtemps inhabitée.

Plus tard, monsieur Edmond Vanuxem, nouveau propriétaire originaire de Flêtre et brasseur à Ardres, fit commencer les travaux du château moderne en briques.
Il fut terminé en 1872 .
Le château fut enduit d'un ciment pour dissimuler ses cicatrices de 14-18.
À partir de cette époque, les larges fossés protecteurs ont été comblés, et les portes et fenêtres du sous-sol donnent sur une pelouse en contrebas du parterre.

La brasserie du château de Flêtre

Au début du XIXe siècle il y  avaient deux brasseries sur Flêtre :

• La première appartenait à M. Urbain Savaete, et était située Route de Godewaersvelde. Elle cessa son activité durant la Première Guerre mondiale.
• La deuxième fut construite, en 1906, par un cultivateur, M. Jules Delanghe-Salomé qui racheta le château pour y installer son activité, d'où le nom de « Brasserie de Wignacourt ».

Cette brasserie fut reprise par Louis Delanghe-Desoomer en 1926, également maire de la commune.

Louis Delanghe-Ricour lui succéda à la tête de la brasserie jusqu’en 1956, où elle cessa son activité.

Le commerce de vente de boissons a perduré jusqu'à la fin des années soixante.

 

L'eglise

C'est une « Hallekerque » ou église-halle (une nef centrale et deux nefs latérales).
On est porté à croire qu'elle fût construite au XIVème siècle ; car d'après d'anciens manuscrits, le seigneur Jean Van Houtte y a été inhumé en 1398.

Sandérus nous dit, dans un de ces ouvrages, que l'église de Flêtre avait au départ deux nefs. Une troisième viendra s'y ajouter. Vers 1727, les deux plus anciennes nefs furent démolies puis toutes reconstruites à la même hauteur que la troisième. Il n'y eut plus de changement jusqu'à la Révolution française. Les trois cloches étaient abritées dans un Klokhuys, tour extérieure en bois, identique à celles que l'on peut admirer à Eecke ou à Hardifort.
En exécution de la loi du 5 novembre 1790, les deux plus petites cloches furent enlevées et expédiées à la monnaie. La plus grande, qui était restée, pesait 1500 kg ; cette dernière s'était fêlée le jour de la Toussaint 1808. Elle fut fondue en deux autres : l'une pèse 1014 kg et l'autre, 550 kg. En 1824, une souscription, faite dans la paroisse, permit d'en établir une troisième qui pèse 758 kg.

Le 13 mai 1799, l'église fut vendue aux enchères et achetée par une société connue sous le nom de la Bande noire. 207 000 francs en bons du Trésor, tel fut le prix du sanctuaire ! La commune avait envoyé des délégués à la vente pour acheter l'édifice en son nom, mais ceux-ci s'étaient refusés à faire monter les enchères, persuadés de pouvoir racheter l'église à bon prix à la Bande noire. Elle fut tellement exigeante que le marché ne pût se conclure. Le 2 août 1799, les démolisseurs sont là. La population (prévenue par le son de cloche actionné par un Flêtrois) accourt aussitôt et s'oppose durement à la démolition. Échelles et outils de travail seront jetés dans les fossés du château. Les femmes, très en colère, commencèrent à murmurer, à lancer des sarcasmes contre les ouvriers et à faire pleuvoir sur eux une grêle de pierres. Les démolisseurs battirent en retraite. La Bande noire porta plainte au directoire départemental. Les habitants de la commune qui tenaient tant à leur église déléguèrent quatre personnes pour tenter de racheter le bâtiment paroissial. Avec l'appui d'un juge de la paix, il n'y eu cependant pas de suite judiciaire. Le 9 août 1799, l'acte de vente était signé par devant Me Crendale, notaire à Bailleul. Les acquéreurs remboursèrent en l'état le prix d'achat, ainsi que les frais et allouèrent une indemnité de 2950 francs à la Bande noire qui cessait toute poursuite judiciaire.

Un nouveau clocher est venu remplacer le Klokhuys ; il était inauguré le dimanche 27 septembre 1903, lors de la ducasse. Il correspondait à un vœu unanime de la population.

En 1906, de nouvelles altercations devaient avoir lieu lors de la séparation de l'Église et de l'État, pendant la réalisation de l'inventaire des richesses que possédait l'église.

Un véritable musée d'art religieux se trouvait à l'intérieur. On y voyait :
• de superbes verrières du XVIème siècle restaurées avec goût au XIXème siècle,
• un antique tabernacle en forme de tour, ...
• Une chaire de vérité ornée de quatre évangélistes et une table de communion en chêne artistiquement travaillé par un certain Dumoulin, sculpteur et menuisier à Hazebrouck vers 1759,
• deux pierres tombales du XVIème siècle sculptées en relief représentant des anciens seigneurs et dames de Flêtre, ...
• deux tableaux peints ; dont l'un représentait un Christ en croix à la manière espagnole et l'autre, Antoine Van Houtte, seigneur de Flêtre, chargé de chaînes en souvenir de sa défaite à Coxyde. un gracieux monument moderne (3,90 m x 3,15 m), érigé en 1895 en l'honneur du plus illustre enfant du village, Jacques de Meyere, notre grand historien flamand, qui y naquit le 16 janvier 1492. Avec la guerre de 1914 à 1918, venue avec son cortège de dévastations et de ruines, l'église de Flêtre a perdu une grande partie de ces richesses artistiques.

De nos jours, nous pouvons encore admirer, de chaque côté du porche, les deux pierres tombales et dans le cœur, la table de communion et le tabernacle qui fut dépouillé de neuf de ses statuettes le 4 mai 1978, et entendre le son des trois cloches décrites ci-dessous :

Cloche n°1
Elle a un diamètre de 1200 mm et un poids de 1014 kg. Celle-ci est équipée en lancé franc et produit la note Ré 3. Les inscriptions sur son côté sont les suivantes : Je me nomme Marie-Thérèse. J'ai pour parrain Jean-Baptiste Dieusaert ancien greffier et pour marraine demoiselle T. Lamoot et j'appartiens à la commune de Flêtre. Fondue par Garnier et les Drouot père et fils - 1808.

Cloche n°2
Elle a un diamètre de 1090 mm et un poids de 758 kg. Celle-ci est équipée en lancé franc et produit la note Fa 3. Les inscriptions sur son côté sont les suivantes : ik zyn hier door gunst van geld t weede klocke lset gestelt - M.J. Noel étant cure et P. Dieusaert maire. J'ai été donnée à l'honneur de Dieu par les habitants de Flêtre. Le Sr Staes membre du conseil municipal et demoiselle Rosalie Vanacker rentière m'ont donné les noms de Marie-Rosalie. Fondue par les frères Drouot. L'originalité des instructions montre que la date de la cloche est notée en chronogramme : IYIDUVLDWDLCLL (1824).

Cloche n°3
Elle a un diamètre de 980 mm et un poids de 550 kg. Celle-ci est équipée en lancé franc et produit la note Sol 3. Les inscriptions sont les suivantes : Je me nomme Marie-Cécile. J'ai pour parrain M.P.H. Coutre maire et pour marraine Mme Caboche épouse de M.P.J. Vanuxem adjoint et j'appartiens à la commune de Flêtre - 1808.

Les monuments de la commune de Flêtre

Le monument aux morts

Depuis 1927, le poilu du monument aux morts de Flêtre se dressait fièrement sur la place de la mairie

Une première restauration lui avait donné une nouvelle jeunesse en évitant la couleur kaki si inadaptée à ce soldat. Mais les couleurs qu’il arbora alors ne correspondaient toutefois pas à la réalité historique.
En effet, le pantalon rouge n’a été porté qu’au début de la Grande Guerre et ne s’accompagnait pas d’un manteau bleu horizon ni d’un casque.

Conscients de l’inexactitude, l’équipe municipale et les membres de l’association Histoire et Patrimoine attendaient le moment opportun pour intervenir.
Profitant des travaux du centre village et du retrait momentané du monument, quelques  passionnés de la 1e guerre mondiale de l’association s’armèrent de pinceaux pour redonner au fier poilu une tenue conventionnelle.

Ainsi, le soldat que chacun des flêtrois a pu découvrir le 10 novembre dernier lors de son inauguration, présente la tenue réglementaire portée dès 1915.
Le monument aux morts est revenu à sa place, comme neuf !

Notre poilu peut continuer, pour longtemps encore, à symboliser une page douloureuse de l’Histoire de notre pays.

Le grand Calvaire

Le grand calvaire situé sur la route de Méteren, inauguré en 1949, est en attente de restauration...
Le calvaire a été béni le dimanche 2 octobre 1949 par le curé de la paroisse, l'abbé Auguste RUBENS, en présence du maire, Louis DELANGHE, et de la forte mobilisation des villageois. Ce monument est destiné à rappeler la protection accordée par la providence durant la guerre 1939-1945.

Les chapelles

- La chapelle Notre-Dame-de-la-consolation au Thieushouck. Construite en 1833 elle est détruite en 1971 par un camion. La décision de la reconstruire est prise en 2006 par l’Association Histoire & Patrimoine. Elle est inaugurée par Mme Ricour et bénie par l'abbé Dupuis en septembre 2009.
À l'intérieur, le triptyque central, peint par Mme Yvonne Sassinot - De Nesle, représente une vierge habillée en rouge sur fond de paysage des monts de Flandre. Le triptyque de gauche représente l'été avec Cassel, Eecke et Steenvoorde, et au centre la campagne de Flêtre. Et enfin, le triptyque de droite, représente l'hiver avec Flêtre sous la neige.
- Chapelle Notre-Dame-de-Consolation,1991. Vierge en Bois (XVIIIe).Dérobée en 1996,
- Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, chemin de Furnes,
- Chapelle Notre-Dame-des-Victoires, route de Godewaersvelde (1855?),
- Chapelle Sainte-Thérèse, rue au Beurre, détruite en 1914-1918 et reconstruite en 1946 (ou 1947). La famille propriétaire avait fait vœu de la reconstruire si les quatre garçons revenaient vivants du second conflit mondial.

Cimetière britannique du CWGC

au lieu-dit Bertenacre
Accessible de la route de Godewaersvelde à Eecke par un chemin de terre : le Bertenacre British Military Cemetery, est situé dans la commune de Flêtre.

La malterie et l'estaminet du hameau du Thieushouck

Cette photo représente la malterie du hameau du Thieushouck .
La malterie appartenait à la famille Dieusaert.
Elle a cessé son activité en 1940 et les bâtiments ont été achetés en 1942 par M. Deschodt, de Caëstre, qui en détruisit une partie pour récupérer les matériaux.

Elle a été un quartier général anglais en 1914 (2nd Dragoon guards)
Sur la photo, on devine au-dessus de la porte d'entrée une pancarte avec les initiales « HQ » signifiant Head Quarter (quartier général).
Au fond avec les deux lucarnes de toit, on devine l'estaminet qui existait alors et qui s’appelait « Au grand Thieushouck ».

Sur la photocopie ont été dessinées les deux tourailles de séchage représentant  
deux lutins couronnés jouant de la trompette, dont on ignore la signification.
Peut-être servaient-ils d'enseigne ?